Produit grâce à la généreuse contribution financière d'Alain Richard pour un
homme qu'il respectait beaucoup avant de comprendre.
sa viande « vu que toute la famille en mange à la maison et que tout le monde est en pleine
santé ».
Vattier écrit: « On trouve chez les Canadiens français une subtilité d'esprit qui parfois
se change, surtout dans le peuple, en ce que I'on pourrait appeler de la roublardise. Le
marchand, le cultivateur, soit dans leur commerce soit dans quelque entente ou contrat,
savent faire preuve d'une habileté qui touche à la ruse et à I'astuce. Le paysan canadien est
extrêmement madré. Dans un ordre de choses plus relevé, cette finesse d'esprit se traduit par
une compréhension à demi-mot et une perception des nuances les plus délicates qui devient
un art. C'est sans doute à cette disposition d'esprit qu'on peut encore attribuer ce talent avec
lequel les orateurs politiques savent manier leur auditoire, connaissant parfaitement ce qu'il
faut dire ou faire suivant la façon dont cet auditoire est composé, suivant qu'ils veulent
surexciter ses passions, le calmer ou le faire changer d'opinion ».
Notre esprit à slogan, taquin, malicieux, nous pousse, comme les anciens, à
pourfendre nos ennemis avec des épigrammes et des satires. Reportez-vous aux graffiti ou
aux pancartes des grévistes.
Comme il n'y a plus de chevaux pour se faire maquignon, sommet de la corde 5, on se
darde sur les « chars » usagés. L'honneur est sauf et l'instinct servi.
Autre manifestation de finasserie, le patronage politique, dont parle Guy Joron, dans
« Salaire minimum annuel: $ 1 million: « On attribue généralement aux « gros intérêts »,
grosses compagnies et multinationales, des pouvoirs qu'ils n'ont pas. Leurs contributions aux
caisses électorales, au niveau provincial, en tout cas n'ont rien de I'ampleur qu'on leur prête...
Le patronage traditionnel demeure une entreprise locale. Un permis de poste d'essence
stratégiquement situé « coûte » plus cher que celui pour établir une raffinerie; un agent
distributeur d'alcools risque fort de recevoir la visite du « trésorier » du parti, une distillerie,
moins souvent ».
Aussi roublard que ses ancêtres normands, il ira volontiers chez le boutiquier juif ou
syrien de la place (il les confond d'ailleurs) voir s'il ne pourrait pas faire baisser le prix ou
obtenir le prix du gros. Ces boutiquiers sont tous devenus riches grâce au « beau, bon, pas
cher » québécois.
Jos ne cache pas ses penchants:
« Mon grand-père tenait de son grand-père de jamais avoir une token
dans ses poches : il passait son temps à échanger avec tout le monde.
Je I'ai vu un jour échanger 15 vaches contre 15 vaches, toutes des
vaches pareilles... J'ai jamais compris... On est une famille de
barguineux. ah ça! C'est pour ça que j'encourage plus les Juifs que les
Anglais... Un p'tit 15% de rabais, des fois plus... Mais y te voient venir...
Quand on arrivait à tromper ma grand-mère et vider le pot de « biscuits
cassés », elle nous courait après en criant : « Ah mes p'tits Juifs ! »
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