Produit grâce à la généreuse contribution financière d'Alain Richard pour un
homme qu'il respectait beaucoup avant de comprendre.
La relation homme-animal (et il y a plus d'un demi-million de chiens au Québec) n'est
pas, ici, celle que nous racontent les commerciaux américains traduits en français: pour un
Québécois habitué aux animaux de la ferme, un bon chien reste un bon chien qui devra avoir
une utilité quelconque. ll n'est pas, comme chez les Américains, « assimilé aux membres de
la famille ». Le Québécois, plus que le Canadien anglais, nourrit traditionnellement son chien
et son chat de restes de table, comme un inférieur, ce qui rend le marché « canin » québécois
extrêmement difficile à conquérir pour les marques de pâtés en boite. Paradoxalement, on
retrouve deux cimetières de chiens au Québec, I'un à Caughnawaga, I'autre à Beauharnois
où I'on peut faire enterrer son chien ou son chat pour $100 ou $1,200, selon la qualité du
cercueil et du monument. Un de ces entrepreneurs de pompes funèbres m'affirme que plus de
la moitié de ses clients sont francophones.
Jos n'a pas d'animaux à la maison:
« C'est difficile en ville d'avoir des chiens. Y sont malheureux...
Mais moi c'est les chevaux que j'aime. C'est le plus bel animal au
monde. J'aime ça aller les voir courir à Blue Bonnets. Y sortent du
dernier tournant la bave aux narines, à I'épouvante... Et j'suis allé trois
fois au Festival de St-Tite ».
Notre passion du Western n'a pas fini d'en étonner plusieurs... On la vit aux accents
d'une guitare à plusieurs cordes sensibles.
Si le phénomène est américain par ses pionniers et ses aventuriers, il rejoint vite, par
la chanson populaire, la racine latine, frôle le mysticisme des « bons contre les mauvais »,
des héros légendaires de la racine catholique pour aboutir à la nostalgie terrienne. Les «
cowboys » sont les Québécois les plus négligés de nos ethnologues et sociologues.
Pourtant, les manifestations de cette passion populaire sont nombreuses: le festival de
St-Tite,
« seul rodéo français au monde » et Nashville québécois, les émissions western de la radio et
de la télévision, le « roi » Willie Lamothe et Ti-Blanc Richard, la folie des films « de
poussière » depuis Tom Mix et Roy Rogers jusqu'au Leone de Charlebois, des disques
western qui se vendent dix fois plus que ceux des chansonniers...
Le cowboy est un homme fort, qui ressemble au « boulé » de village d'autrefois.
Dans un pays où la nature tire au poignet avec tout le monde, la force physique de
l'homme québécois va prendre une place importante dans la vie populaire: les « famlettes » et
les « pomoniques » (qui seraient atteints de pneumonie) n'auront pas la cote d'amour.
Les concours de jambette, le tir au poignet et une kyrielle de démonstrations de
muscles, vont tout au long de notre histoire, créer des supermen, des héros mystiques
comme Jos Montferrand (dont on vient de rééditer une biographie par Benjamin Sulte),
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