Produit grâce à la généreuse contribution financière d'Alain Richard pour un
homme qu'il respectait beaucoup avant de comprendre.
J'interroge Jos sur son prénom.
« C'est à peu près tout celui me reste de catholique... Joseph.
On m'a donné ce nom là en I'honneur de Saint-Joseph d'Alma.
Dans le temps, on avait tous des noms de saints pour rester sous
leur protection. Les curés refusaient de baptiser des enfants avec
des noms païens. C'est un fait « Jos » Ça sonne moins catholique
que « Joseph ». Y paraît que les fonts baptismaux où j'ai « été fait
enfant de Dieu et de l'Église » ont été vendus à des antiquaires
américains...»
La « ville aux cent clochers » a des églises à vendre.
« L'obsession des Canadiens français pour ces immenses édifices, élevés à la gloire
de Dieu, ne peut nous empêcher de faire un rapprochement avec les Mayas et les anciens
Égyptiens qui finirent par s'épuiser à tailler, à empiler des pierres et qui se retrouvèrent sans
ressources quand vint le temps de repousser l'envahisseur ». Cette observation apocalyptique
du début des années 50, tirée de « Quebec Now », de Miriam Chapin, nous rappelle la
carcasse de l'église Saint-Jacques, rue Sainte-Catherine, où les Barbares seraient passés en
apportant les trésors et les femmes...
« Les bons catholiques, un jour ou l'autre, éclateront » écrivait, en 1946, le père
Marie Gaudreault o.p., « l'intervention trop accentuée et trop étendue des hommes d'Église
que nous sommes dans les choses profanes peut être une grande imprudence à plusieurs
points de vue... L'anticléricalisme se développe rapidement, beaucoup plus rapidement qu'on
ne le croit ».
Les pierres vont commencer à pleuvoir dans le jardin de Monsieur le curé. Les verdicts
sont durs.
Andrée Benoist, dans la revue Parti-Pris, assène: « L'importance du facteur religieux
dans l'éducation, valorise l'autodépréciation, la résignation, l'obéissance et la soumission ».
Marcel Rioux darde, à son tour: « Plus globalement, le Québécois reste imprégné de
cette religion et cela se manifeste dans sa recherche d'absolu, dans sa forme déductive de
raisonner, dans son penchant pour les structures hiérarchiques, dans ses attitudes
manichéennes et dans sa panoplie extrêmement riche de jurons religieux ».
Maurice Tremblay, en 1950, porte un autre coup: « Ce catholicisme canadien-
français nous apparaît, dans I'ensemble, comme un catholicisme de conserve à l'arrière-
garde des transformations radicales que I'évolution du monde exige de la chrétienté. Nous
avons ici un exemple de cet ultramontanisme étroit et improductif dont l'Église a fait sa
principale arme dans sa politique générale de conservation et de défense de la chrétienté
canadienne-française ».
Il y a moins de miracles au Québec. Moins d'apparitions !
Les Chiniquy, les T.D. Bouchard, les Jean-Charles Harvey sont partout ! Il y en a
même 37 d'identifiés à l'Assemblée nationale... Le député Samson demande par motion la
restauration de la prière (abandonnée en décembre 1976)à l'ouverture des séances
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