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Produit grâce à la généreuse contribution financière d'Alain Richard pour un
homme qu'il respectait beaucoup avant de comprendre.
Cette torontoiserie, loin de me décourager, allait me convaincre que le coup portait,
que l'argumentation des «six cordes», directe, pragmatiquement anglaise et quasi-irréfutable
secouait les puces des plus sceptiques. Je me promis bien de parfaire ce terrible engin de
guerre et cela, le plus tôt possible.
Mais le publicitaire propose et ses clients disposent. Je ne devais revenir «aux six
problèmes» qu'en 1972, dix ans plus tard, au cours d'un voyage en Amazonie qui pour des
raisons adverses s'étira au-delà de mes espérances.
La nostalgie du pays, ou la distance, me ramenaient mentalement au Québec, aux
racines des Québécois. J'avais le goût subit d'un retour à l'évidence.
À Toronto, fort de la trilogie classique «croix-charrue-berceau», je m'étais contenté de
décrire, en termes assez généraux, les six racines vitales des Québécois, me bornant à y
ajouter quelques-uns des comportements collectifs qu'elles nous inspirent.
Je n'avais jamais pensé, avant Manaus, à dénombrer nos comportements de
consommateur, à en faire un synoptique. L'éloignement donne de la vision, c'est bien connu.
Je me mis au travail, qualités à gauche, défauts à droite, dessinant une grille, yin et
yang, alternant le chaud et le froid. Je dessinais un portrait praxéologique à l'ordinateur.
J'avais en tête ce que les «bécépistes» appellent «la grille à Languirand», «une
structure qui, recouvrant un ensemble, permet de définir ou de déterminer les éléments qui le
composent, de même que de préciser les rapports de ces éléments entre eux et de chaque
élément avec l'ensemble».
Rentré au pays, je fis vite imprimer un poster synoptique de ces «36 cordes sensibles
de la masse québécoise», que je me mis à distribuer dans les universités et les Cégeps,
question de recevoir le premier feedback. Le facteur, entre deux grèves, me rapporta un
abondant courrier: un correspondant me traitait «d'ethnologue du dimanche», un autre de
«penseur à la petite semaine» mais dans l'ensemble les lettres donnaient un feedback positif.
Je prononçai également quelques conférences dans les universités, comme «tests
acidulés» des hautes sphères du savoir, cela à I'U.Q.U.A.M., et aux « Études canadiennes-
françaises» de McGill, où le professeur Yvan Lamonde, passant des jugements sévères,
allait me permettre d'ajuster mon tir. Le publicitaire interprète souvent le feedback comme une
correction paternelle.
Le lecteur se rendra compte que le mot «feedback», va revenir souvent dans cet
essai; il s'agit d'un terme anglais francisé et dont l'on se sert beaucoup en communication
pour qualifier la rétro-action, c'est-à-dire les réactions du public qui font connaître sa réponse -
bonne ou mauvaise - en regard d'une décision, d'une action, ou d'un évènement qu'il a eu à
observer. Cette réaction du public provoque en retour, une autre réponse des auteurs de
l'initiative, tenant compte ou non de ces «échos». Le feedback est donc un dialogue aller-
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